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Archéologie d’un Paysage

 

Définition de Paysage:

  • Académie Royale. Le Paysage est, selon l’Académie Royale Espagnole, « l’étendue de terrain que l’on voit depuis un endroit », ou « la portion de terrain considérée dans son aspect artistique ».
  • Le paysage n’est pas tant l’objet que l’on contemple, mais le regard de qui le contemple.
  • Paysage comme ensemble de perceptions, souvenirs et sentiments, qui configurent une réalité.
  • Le paysage est une construction.
  • Paysage futur

L’idée de paysage ne se trouve pas tant dans l’objet que l’on contemple mais dans le regard de qui le contemple (Ce n’est pas ce qui est devant sinon ce que l’on voit).  Le paysage est ainsi une construction, un concept qui nous permet d’interpréter culturellement et esthétiquement les qualités d’un territoire, lieu ou endroit. Il s’agit d’une unité empiricoperceptive, une interprétation codifiée depuis le regard proactif.

Le paysage n’est pas un synonyme de nature, il ne l’est pas non plus du milieu physique qui nous entoure ou sur lequel nous nous situons, sinon qu’il s’agit d’une construction, d’une élaboration mentale que nous les humains réalisons à travers des phénomènes de la culture », a écrit Javier Maderuelo.

Il existe un paysage quand une réalité physique ou territoriale déterminée s’imprègne d’un regard subjectif, culturel ou social d’appropriation nuancée par le résultat temporel ou causal de l’interaction entre l’homme et la nature. A écrit le philosophe allemand Simmel. Le paysage se construit – architecture du paysage – à travers la superposition de l’artificiel et du naturel, fruit d’une intervention humaine – forcée, inconsciente ou artistique – pour adapter l’image résultante à nos conventions esthétiques.

A la fin des années soixante, un groupe d’artistes anglais  – Richard Long et David Nash entre autres – et américains – Walter de Maria ou Robert Smithson –comprirent à travers du land art et des earthworks, que le territoire pouvait se convertir de facto en scénographie, en un tableau sur lequel façonner les traits abstraits de l’intervention artistique. Le paysage postmoderne n’était pas tant l’objet et le résultat d’une condensation et distillation visuelle mais une manipulation explicite de ses conditions physiques et topographiques à travers l’intervention et la conduite à grande échelle de l’artiste moyennant un projet créatif.

Fernando Pessoa signalait que « ce que nous voyons n’est pas ce que nous voyons mais ce que nous sommes». La gestation du paysage futur, peut passer pour projeter, dans le fond, ce que nous voulons être et ce que nous voulons laisser de nous-même en souvenir.

Photography and Landscape:

  • Elément de constatation.
  • Elément d’authentification.
  • Regard fragmenté (facetté)

La photographie fait foi de l’existence du paysage – les photographies ne traduisent pas mais elles citent, selon Berger dans son encapsulement photographique. Les réalistes ne prennent pas du tout la photo comme une ‘copie’ du réel, mais comme une émanation du réel dans le passé : une magie, non un art. L’important est que la photo possède une force de constatation, et que la faculté de constatation de la photographie concerne non pas l’objet mais le temps. D’un point de vue phénoménologique, dans la photographie le pouvoir d’authentification prime sur le pouvoir de représentation. Le regard photographique, comme l’a expliqué Susan Sontag, est inévitablement fragmenté et superposé. De toute façon, le paysage contemporain peut se lire comme un palimpseste: sa vision plus superficielle peut cacher d’autres signifiants. Cette fragmentation, pour un artiste comme Isidro Blanco, se matérialise et se structure tridimensionnellement, sous forme de collage, moyennant la déconstruction physique de ces regards facettés et séquenciels.

Paysage Personnel:

Pour moi le paysage a deux acceptions :

  • Paysage Insitu (ce qui se voit).
  • Paysage Invisu (ce qui est arrivé)

Je donne une plus grande importance à l’image mentale qu’à la visuelle. Mon approche au paysage est depuis une divergence de perception comme quelque chose de : sublime, beau, héroïque, surprenant, pittoresque, bucolique de ce qui est champêtre. Mon œuvre je l’appelle de façon générique « Archéologie d’un paysage ». En elle le « Paysage Fossilisé » a une spéciale importance, l’espace ainsi appelé, le paysage dans lequel l’intervention humaine avec le passage du temps se mimétise avec l’environnement. De la même façon que le Land Art utilise le paysage comme support de ses activités ou de son intervention, dans mes œuvres ce support est l’impression digitale, sur laquelle je réalise l’intervention artistique.

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© Joaquin Cano Quintana 2018